Satiri : les premières attestations foncières délivrées, vingt ans après la création de la commune

Photo de famille du PDS et des bénéficiaires

Cinquante agriculteurs de Satiri détiennent désormais un papier qui prouve que la terre qu’ils cultivent leur appartient. Les premières attestations de possession foncière rurale (APFR) de la commune ont été officiellement remises à leurs bénéficiaires le mardi 27 octobre 2026, vingt ans après la création de cette collectivité du Houet, en 2006.

L’APFR est le titre créé par la loi 034-2009 portant régime foncier rural. Elle reconnaît officiellement qu’une personne possède une terre rurale et sécurise ce droit face aux tiers. Sans ce document, un exploitant ne dispose d’aucune preuve écrite opposable : sa légitimité repose sur la coutume et la mémoire du village.

C’est précisément ce qui manquait à Satiri. Jusqu’à récemment, la commune ne disposait pas de Service foncier rural (SFR), le guichet communal chargé d’instruire ces dossiers. Aucune attestation ne pouvait donc être délivrée. La mise en place de ce service par la délégation spéciale a débloqué la situation.

Photo de famille des bénéficiaires

396 demandes, 50 délivrées

Le rythme reste toutefois le principal enjeu. Selon la commune, 396 demandes d’APFR ont été enregistrées à ce jour. Cinquante ont abouti, soit un dossier sur huit. Les 346 autres suivent leur cours.

Le Service foncier rural compte trois agents pour traiter l’ensemble, instruire les dossiers et mener les activités de terrain. Chaque demande suppose en effet un travail de vérification sur place : identification des limites de la parcelle, consultation des voisins, constatation qu’aucun litige ne pèse sur la terre.

Photo de remise d’une attestation par le PDS

Les seize villages de la commune ont été dotés de commissions foncières villageoises (CFV) et de commissions de conciliation foncière villageoise (CCFV), les structures locales chargées respectivement d’identifier les possesseurs et de régler les différends avant qu’ils n’aillent devant le juge.

La pression de Bobo-Dioulasso

La question n’est pas théorique à Satiri. La commune se situe aux portes de Bobo-Dioulasso, dans une zone où la demande de terre est forte et où les transactions se multiplient. L’extension de la ville, les acquisitions par des acheteurs extérieurs et la hausse des prix exposent les exploitants agricoles.

Un agriculteur sans titre y est vulnérable de deux façons : il peut être dépossédé d’une parcelle qu’il cultive depuis des décennies, et il n’a aucun moyen de faire valoir ses droits si un conflit éclate avec un voisin ou un héritier.

C’est le sens de la démarche engagée. La commune a bénéficié de l’accompagnement d’un consortium réunissant l’Observatoire national du foncier (ONF), Oxfam et Nitidae.

La Rédaction / Guiriko info

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