Avec ses 693 places, il a été le témoin privilégié de l’âge d’or du cinéma à Bobo-Dioulasso, lorsqu’une poignée de salles faisaient la fierté de la capitale économique. Aujourd’hui, le ciné Sanyon est le dernier survivant de cette époque révolue. Un vestige qui peine à retrouver son éclat d’antan.

Les Bobolais s’en souviennent encore. En mars 2005, pour la projection du film Ouaga Saga de Dani Kouyaté, les files d’attente s’étiraient jusqu’à l’avenue de la République. Le ciné Sanyon refusait du monde. Le temps d’une soirée, il renouait avec sa vocation première : faire rêver des centaines de spectateurs.
Jusqu’en 2004, cette salle faisait partie du patrimoine de la Société nationale d’exploitation et de distribution cinématographique du Burkina (SONACIB), un phare de l’industrie cinématographique en Afrique de l’Ouest.

Mais la faillite de la SONACIB en 2000 a entraîné la fermeture progressive des salles de Bobo-Dioulasso. Elles sont aujourd’hui transformées en magasins ou en lieux de commerce.
En 2006, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a racheté la salle pour environ 700 millions de francs CFA. Aujourd’hui, elle est louée à tout demandeur moyennant 250 000 FCFA par jour. Un espace polyvalent qui accueille des conférences, des réunions et des soirées festives, mais plus des projections de films.

Les équipements de projection font défaut et les séances cinématographiques sont devenues exceptionnelles, organisées au gré des initiatives de structures comme Les Films du Djabadjah, qui apportent leur propre matériel.
Pendant que le ciné Sanyon peine à retrouver son âme d’antan, un autre projet fait renaître l’espoir des cinéphiles bobolais. L’Association de Soutien du Cinéma au Burkina Faso (ASCBF) a entrepris la réhabilitation du Ciné Guimbi, une autre salle mythique de Bobo-Dioulasso. Avec le soutien de l’Union européenne et de l’AFD, ce projet prévoit la transformation du site en un véritable pôle culturel régional.
Loin des années 2000 où une première de film attirait des foules immenses, le cinéma à Bobo-Dioulasso semble à la croisée des chemins. Le ciné Sanyon, dernier témoin d’une époque révolue, attend un nouveau souffle. En attendant, ce sont d’autres structures qui tentent de raviver la flamme du 7e art dans la capitale économique du Burkina Faso.
T.A.A.O
GUIRIKO INFO | La voix du grand ouest !

