Il est des ouvrages qui, une fois posés, effacent des décennies de calvaire. Le pont de Banakélédaga-Desso, dans la commune de Bama, appartient à cette catégorie. Ce mercredi 21 octobre 2026, une équipe de Guiriko Info était sur ce pont, un peu plus de dix mois après son inauguration et son baptême du nom « Camarade Capitaine Ibrahim Traoré ». Le constat est sans appel : là où les populations traversaient le lit du Houet au péril de leur vie, les véhicules circulent aujourd’hui sans entrave.
Une attente qui durait depuis un demi-siècle

L’histoire de ce franchissement est celle d’une plaie ouverte. L’ancien dalot, emporté par les eaux en 2018, avait coupé sept localités du reste du monde. Pendant des années, la seule route sécurisée imposait un contournement d’une vingtaine de kilomètres. Les femmes portaient les récoltes sur leur tête, les élèves manquaient l’école et les malades ne pouvaient rejoindre les centres de santé. Le calvaire a pris fin le 16 novembre 2025, lorsque le ministre des Infrastructures en son temps, Adama Luc Sorgho, a officiellement ouvert à la circulation l’ouvrage, financé par la Banque mondiale à hauteur de plus de 1,17 milliard de FCFA.
Un pont aux standards d’une route nationale

Ce que l’on découvre aujourd’hui, c’est une infrastructure pensée pour durer. Le pont présente 45 mètres de long, trois travées de 15 mètres, une largeur roulable de 7 mètres avec trottoirs et une fondation sur 28 pieux. L’ouvrage a été réalisé au standard d’une route nationale, avec une garantie décennale assurée par Veritas. « Quelle que soit l’évolution de la qualité ou du standard de la route, on pourra toujours compter sur ce pont-là », avait assuré le ministre lors de l’inauguration.
Une voie de nouveau vivante
Sur le terrain, l’impact est tangible. Les transporteurs ont retrouvé le chemin de Banakélédaga, réduisant considérablement les coûts d’exploitation. Les producteurs de la zone, réputée pour son potentiel agricole, peuvent enfin écouler leurs récoltes vers Bobo-Dioulasso sans craindre la montée des eaux. En signe de reconnaissance, les populations ont baptisé l’ouvrage « Pont Camarade Président Capitaine Ibrahim Traoré ». Un nom qui, pour les habitants de Desso et des villages environnants, résume le soulagement d’être enfin reliés au reste du pays.
T.A.A.O

