Face au défi persistant du chômage des jeunes dans la région du Guiriko, le Conseil régional a réuni les 2 et 3 juillet 2026 les acteurs de la formation et de l’insertion socioprofessionnelle pour redynamiser leur cadre de concertation. L’ambition affichée est claire : former et insérer 45 000 jeunes dans les années à venir, un objectif qui nécessite une véritable rupture méthodologique dans l’approche des projets de développement.
La première session ordinaire de l’année 2026 du cadre de concertation des acteurs de la formation et de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes du Guiriko s’est tenue au Conseil régional de Bobo-Dioulasso.
Créé en 2019, ce cadre avait besoin d’un second souffle pour répondre aux défis actuels de l’emploi des jeunes. Philippe Fatogoma Sanou, Conseiller technique chargé des questions de jeunesse et d’emploi auprès de la présidente de la Délégation spéciale régionale, a rappelé l’urgence de cette redynamisation : « Un jeune sans occupation reste une préoccupation majeure pour l’équilibre de la société. »
Un cadre de concertation à réviser pour plus d’efficacité
L’un des principaux enjeux de cette session était la révision de l’arrêté de 2019 ayant créé le cadre. L’objectif est d’amender ce texte pour y intégrer de nouvelles thématiques et inclure des partenaires qui n’existaient pas lors de la création du dispositif.
Pour les autorités régionales, il est urgent de mutualiser les forces et les ressources disponibles, si modestes soient-elles, afin de maximiser l’impact des politiques d’emploi sur le terrain.
Cette révision témoigne de la volonté des acteurs de s’adapter aux réalités changeantes du marché du travail et de répondre aux besoins spécifiques des jeunes du Guiriko. Le cadre de concertation doit devenir un espace de dialogue et de coordination efficace, où chaque partenaire peut apporter sa pierre à l’édifice de l’insertion professionnelle.
BenkadiBaara : un programme qui lie formation et insertion
Parmi les partenaires de cette initiative, le programme BenkadiBaara de LuxDev apporte un appui technique et financier à la tenue de cette session. Biba Samba, coordinateur régional du programme pour les régions du Guiriko et du Bankui, a rappelé l’importance de redynamiser ce cadre après une année d’inactivité.
Le programme BenkadiBaara affiche des ambitions claires : former et insérer 45 000 jeunes. Mais au-delà du chiffre, c’est une véritable rupture méthodologique que défend l’initiative. « Nous avons changé de vision. Avant, il y avait beaucoup de projets qui formaient seulement, sans s’intéresser à l’insertion. Mais pour nous, l’insertion est une conditionnalité de la formation », a insisté Biba Samba.
Cette approche marque un tournant dans les politiques de développement de l’emploi. Elle met l’accent sur la nécessité de garantir des débouchés concrets aux jeunes formés, plutôt que de se contenter de délivrer des certificats sans perspective d’avenir.
Vers un plan de travail concret pour l’emploi des jeunes
Alors que l’année 2026 est déjà bien entamée, l’aboutissement de cette session doit impérativement déboucher sur un plan de travail concret et des conclusions pragmatiques. Pour les autorités comme pour les coordinateurs de projets, le message envoyé aux participants est le même : un engagement plein et entier est attendu pour traduire les discussions en opportunités réelles pour la jeunesse du Guiriko.
Le Conseil régional du Guiriko, qui a investi plus de 2,2 milliards FCFA dans divers secteurs entre juin 2022 et décembre 2025, affiche sa détermination à faire de l’emploi des jeunes une priorité absolue.
La région, avec ses 2,5 millions d’habitants et ses trois provinces (Houet, Kénédougou, Tuy), entend ainsi répondre aux aspirations de sa jeunesse, renforcer la cohésion sociale et contribuer à la dynamique de développement impulsée par la Révolution Progressiste Populaire.
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