
Combien de Burkinabè pourraient citer une danse, un plat ou une légende du peuple Pougouli ? Très peu, sans doute. C’est précisément ce vide que les Journées des Communautés entendent combler. Depuis ce mercredi 24 juin 2026, la Maison de la Culture de Bobo-Dioulasso accueille la 2ᵉ édition de cet événement, avec la communauté Pougouli comme invitée d’honneur.
Pendant cinq jours, jusqu’au 28 juin, expositions d’art, foire gastronomique, conférence, contes et soirées artistiques inviteront le public à la rencontre d’un peuple encore largement méconnu du grand public burkinabè.
Qui sont les Pougouli ?
Le peuple Pougouli parfois appelé Pwo ou Pana selon les sources fait partie des communautés du Sud-Ouest burkinabè dont la culture reste peu documentée et peu diffusée à l’échelle nationale. Porteurs de traditions orales, de pratiques artistiques et de savoir-faire transmis de génération en génération, les Pougouli incarnent une part de la mosaïque ethnique et culturelle qui fait la richesse du Burkina Faso.

C’est précisément cette discrétion qui a motivé leur choix comme invités d’honneur. La directrice générale de la SNC, Carole Christiane Sanon, l’a expliqué sans détour :
« Cette communauté, souvent méconnue du grand public, recèle d’importantes potentialités culturelles, historiques et artistiques qui méritent d’être davantage connues, reconnues et transmises aux générations présentes et futures. »
Cinq jours pour tout découvrir : le programme des Journées
L’événement ne se limite pas à une cérémonie protocolaire. Jusqu’au 28 juin, plusieurs espaces et formats permettront au public de plonger dans l’univers Pougouli sous toutes ses formes.
Un salon d’exposition d’art met en valeur les productions artistiques de la communauté: sculptures, objets traditionnels, créations contemporaines inspirées de l’héritage Pougouli. Une foire gastronomique invite à goûter les saveurs propres à cette culture culinaire encore peu connue à Bobo-Dioulasso. Une conférence publique apportera un éclairage historique et anthropologique sur l’origine, l’organisation sociale et les pratiques de ce peuple. Des soirées de contes feront revivre les récits et légendes transmis oralement depuis des générations. Et des soirées artistiques mettront en scène danses, chants et rythmes traditionnels Pougouli.
La cérémonie d’ouverture s’est d’ailleurs achevée par une visite de la foire gastronomique et du salon d’exposition, un avant-goût de ce qui attend les visiteurs dans les jours à venir.
La culture comme langage universel : le message de la ministre

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre en charge de la Culture, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Lydie Djouma Pikbougoum, a situé cet événement dans une perspective qui dépasse le simple folklore.
« Les chants, les danses, les rythmes et les expressions artistiques deviennent un langage universel capable de rassembler les femmes et les hommes au-delà de leurs différences. »
Pour la ministre, le choix de la communauté Pougouli n’est pas anodin : son patrimoine culturel, riche et authentique, contribue pleinement à la diversité culturelle et à la construction de l’identité nationale burkinabè, une identité qui se nourrit précisément de la pluralité de ses composantes ethniques.
La fierté d’être enfin vus : la voix de la communauté Pougouli

Pour les Pougouli eux-mêmes, cette mise en lumière a une valeur particulière. Vincent Malo, représentant de la communauté, n’a pas caché son enthousiasme face à cette reconnaissance :
« C’est une belle initiative, car l’occasion est donnée à la communauté Pougouli, encore méconnue, de se faire connaître, de se faire comprendre et de se faire entendre. »
Il a invité la population de Bobo-Dioulasso à venir nombreuse découvrir son ethnie, une invitation simple, mais qui porte en elle l’espoir de voir après cet événement, le nom Pougouli résonner un peu plus largement dans la conscience collective burkinabè.
Une fenêtre encore ouverte jusqu’au 28 juin
Les Journées des Communautés offrent une occasion rare de sortir des sentiers culturels les plus fréquentés pour aller à la rencontre d’un peuple qui a beaucoup à transmettre.
Jusqu’au 28 juin, la Maison de la Culture de Bobo-Dioulasso reste le rendez-vous incontournable pour qui souhaite élargir sa connaissance des cultures qui composent le Burkina Faso.
Il reste quelques jours pour découvrir l’art, les saveurs et les récits du peuple Pougouli. Ne les manquez pas.
Suivez notre couverture des Journées des Communautés et des initiatives de valorisation du patrimoine culturel à Bobo-Dioulasso et dans le grand ouest du Burkina !
La rédaction | GUIRIKO INFO

