
Ce lundi 15 juin 2026 à Bobo-Dioulasso, le Ministère de l’Enseignement de Base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales (MEBAPLN) a lancé la première édition du Mois Artistique et Culturel (MAC).
Jusqu’au 18 juillet 2026, les arts, la culture et les savoirs endogènes entrent officiellement dans les établissements scolaires pour former des citoyens complets, pas seulement des diplômés.
Une édition pilote pour poser les bases d’un rendez-vous annuel

Le MAC 2026 est une édition pilote, première du nom, conçue pour tester un concept, affiner les modalités et poser les jalons d’un rendez-vous qui a vocation à s’installer durablement dans le calendrier scolaire burkinabè.
Placée sous la présidence du Ministre de l’Enseignement de Base, Jacques Sosthène DINGARA, et le parrainage du Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert OUÉDRAOGO, cette première édition court du 15 juin au 18 juillet 2026. Soit plus d’un mois d’activités artistiques et culturelles dans les établissements scolaires de Bobo-Dioulasso et de la région du Guiriko.
Un thème qui dit tout : arts, savoirs endogènes et identité à l’école

Le thème retenu pour cette édition pilote est ambitieux dans son intitulé comme dans sa portée : « Arts, Culture et savoirs endogènes à l’école : leviers d’enracinement identitaire, de résilience et de vivre-ensemble au Burkina Faso ».
Chaque mot compte. Les arts et la culture comme matières à part entière, pas comme activités secondaires tolérées entre deux cours de mathématiques. Les savoirs endogènes; ces connaissances transmises de génération en génération, hors des manuels scolaires comme patrimoine à valoriser plutôt qu’à ignorer.
L’enracinement identitaire comme fondation sur laquelle construire la citoyenneté. La résilience comme capacité à tenir debout dans l’adversité. Et le vivre-ensemble comme horizon commun d’une nation diverse.
Dans un Burkina Faso où l’école a longtemps été le lieu de la rupture avec les traditions, ce thème marque un tournant : la culture n’est plus ce qu’on laisse à la porte en entrant en classe. Elle entre avec l’élève.
Le message du parrain : l’école doit former des cœurs, pas seulement des têtes

C’est le Ministre OUÉDRAOGO, parrain de l’événement, qui a formulé avec le plus de clarté ce que ce Mois Artistique et Culturel entend accomplir. Sa phrase mérite d’être lue et relue :
« Nous voulons des citoyens aux têtes bien pleines, mais aussi des citoyens aux cœurs remplis de civisme et de patriotisme. »
Il y a dans cette formule une critique implicite mais lucide du système éducatif traditionnel: celui qui mesure la réussite en notes et en diplômes, mais oublie de former des êtres capables d’aimer leur pays, de respecter leur communauté et de s’engager pour le bien commun.
Le MAC est une réponse concrète à ce manque. En invitant la danse, la musique, les langues nationales, les contes et les arts plastiques dans l’espace scolaire, il dit aux élèves : votre culture compte. Votre identité est une richesse. Et savoir qui vous êtes est aussi important que de savoir calculer.
Le Ministre OUÉDRAOGO a également adressé un appel direct aux parents d’élèves et aux enseignants à se mobiliser pour la pleine réussite des activités, rappelant que l’éducation culturelle ne peut pas être portée par les seules institutions. Elle se construit en famille, dans les quartiers, dans la continuité entre l’école et la maison.
Le coup d’envoi : quand les instruments du terroir ouvrent le bal

La cérémonie de lancement n’aurait pas pu trouver meilleur symbole. Le coup d’envoi du MAC a été donné par les membres du gouvernement présents à travers une exécution musicale avec les instruments du terroir burkinabè: balafons, koras, tambours, flûtes traditionnelles résonnant dans l’enceinte de la salle de spectacle de la maison de la culture.
L’image est forte dans sa simplicité. Des ministres qui jouent des instruments traditionnels pour ouvrir un mois culturel dans les écoles: c’est dire, sans discours supplémentaire, que la culture burkinabè mérite sa place dans les espaces officiels. Que les savoirs endogènes ne sont pas des curiosités folkloriques mais des héritages vivants à transmettre.
Les prestations des élèves, qui ont également marqué la cérémonie, ont complété ce message, démontrant que le savoir-faire des jeunes Burkinabè est réel, visible et digne d’être célébré.
Un mois pour réconcilier l’école et la culture burkinabè

Le Mois Artistique et Culturel ne résoudra pas à lui seul le défi de l’identité culturelle dans le système éducatif burkinabè. Mais il pose un premier jalon décisif. Il dit que l’école peut être le lieu de la transmission culturelle autant que de la transmission des savoirs académiques. Il dit que patriotisme et excellence scolaire ne sont pas des objectifs contradictoires, ils sont complémentaires.
Jusqu’au 18 juillet 2026, les élèves de Bobo-Dioulasso ont un rendez-vous avec leur culture. Aux parents et aux enseignants de les y accompagner.
Des têtes bien pleines. Des cœurs bien construits. C’est ça, l’école que le Burkina Faso veut.
📌 Suivez notre couverture du Mois Artistique et Culturel 2026 et des activités des établissements scolaires du Grand Ouest burkinabè.
Tegawendé Abdoul Aziz OUÉDRAOGO

