Dans l’ouest du Burkina Faso, une opération de routine a révélé l’ampleur d’un trafic qui menaçait silencieusement des vies humaines et l’environnement. La Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a présenté ce samedi 4 juillet 2026 le bilan d’une série d’interventions qui ont permis de retirer de la circulation 115 fûts de cyanure, 180 explosifs, 125 détonateurs et 7 cordons détonants, le tout dissimulé dans des lieux ordinaires, parfois au cœur de zones habitées.
Derrière les chiffres, une réalité glaçante. Ces produits toxiques et explosifs, d’une valeur totale estimée à 97 millions FCFA, étaient destinés à s’infiltrer dans les circuits des mines artisanales. Leur circulation, si elle n’avait pas été stoppée, aurait pu avoir des conséquences désastreuses : empoisonnement des sols et des nappes phréatiques, accidents mortels, et alimentation de la violence dans des zones déjà fragiles.
L’élément le plus troublant de cette affaire est peut-être le lieu où ces produits ont été découverts. À Houndé, le 26 juin, les agents de la CNLF ont intercepté 115 fûts de cyanure, d’une valeur de 56 millions FCFA, déjà reconditionnés pour être écoulés sur les sites d’orpaillage. À Ouagadougou, le 29 juin, c’est au cœur d’une cour d’habitation que 40 cordons détonants ont été saisis. Des familles vivaient à côté d’une véritable poudrière, sans le savoir.
« Derrière chaque fût de cyanure saisi, c’est une nappe phréatique sauvée. Derrière chaque détonateur, c’est une vie préservée », a souligné le Coordonnateur national de la CNLF, le Dr Mohamadi Compaoré, lors de la présentation du bilan.
Une semaine d’opérations fructueuses
En une semaine, les opérations menées par la CNLF ont permis de retirer de la circulation près de 100 millions FCFA de marchandises illicites. Aux côtés des produits toxiques et explosifs, les agents ont également saisi du riz importé frauduleusement (20 millions FCFA), des cigarettes de contrebande (9 millions FCFA), des produits de beauté, du savon et des insecticides.
Mais c’est l’ampleur du trafic de cyanure et d’explosifs qui frappe le plus. Il révèle l’existence de réseaux organisés, capables de faire transiter des produits hautement dangereux à travers le pays, en exploitant les failles de la surveillance et la porosité des frontières.
Une vigilance accrue des populations
La CNLF a salué la collaboration des populations dans ces opérations, qui ont permis de localiser et d’intercepter ces cargaisons dangereuses. Les citoyens sont appelés à poursuivre cette vigilance et à signaler tout comportement suspect, car la lutte contre ces trafics est l’affaire de tous.
GUIRIKO INFO

