
Ils sont potiers, griots, forgerons, tisserands, guérisseurs traditionnels ou maîtres de la danse sacrée. Dépositaires de savoirs que nul manuel ne peut transmettre, ils portent en eux des siècles d’histoire vivante. Ce jeudi 17 avril 2026, à la Place de la Révolution de Ouahigouya, vingt-et-un d’entre eux ont été officiellement reconnus comme Trésors humains vivants du Burkina Faso et décorés au rang de Chevalier de l’Ordre de l’Étalon. C’était le temps fort du lancement officiel de la 4e édition du Mois du patrimoine burkinabè, présidée par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le Président du Faso.
Un thème qui engage chacun : patrimoine, diversité et responsabilité

Cette édition 2026 ne se contente pas de célébrer le passé. Elle interpelle le présent. Placée sous le thème « Patrimoine et diversité culturelle : engagement, rôles et responsabilités des acteurs », elle pose une question directe à chaque Burkinabè, à chaque institution, à chaque communauté : que fais-tu concrètement pour transmettre ce que tu as reçu ?
Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a d’emblée ancré cette célébration dans son contexte politique et symbolique :
« Cette célébration en est la plus belle expression, d’autant plus qu’elle intervient au moment où nous commémorons avec ferveur l’anniversaire de la proclamation de la Révolution progressiste populaire, une révolution qui s’inspire de nos valeurs traditionnelles ancestrales. »
Culture et révolution, passé et avenir la formule résume l’ambition de cette édition.
Le message du Président Traoré : le patrimoine comme boussole nationale
Lu par le Premier ministre lors de la cérémonie, le message du Capitaine Ibrahim Traoré a posé les termes d’une vision culturelle claire et assumée. Chaque formule mérite d’être lue et méditée.
Sur la fonction du patrimoine dans la construction nationale, le chef de l’État a été direct :
« Le patrimoine culturel constitue le socle de notre identité et le ciment de notre cohésion nationale. »
Sur le choix de Ouahigouya comme ville hôte de cette édition, il a précisé que ce n’était pas le fruit du hasard :
« Il traduit notre volonté de faire du patrimoine culturel une véritable boussole pour les générations présentes et futures. »
Et sur la portée politique de cet engagement, il a conclu avec une formule qui dépasse le cadre culturel pour toucher à la souveraineté elle-même :
« Le combat pour la préservation de notre patrimoine culturel est celui de l’affirmation de notre souveraineté et de notre vivre-ensemble. »
21 Trésors humains vivants : les gardiens irremplaçables d’un héritage millénaire

C’est le temps fort le plus humain et le plus émouvant de cette cérémonie. Vingt-et-un Trésors humains vivants, issus des différentes régions du Burkina Faso, ont été officiellement installés et décorés au rang de Chevalier de l’Ordre de l’Étalon.
Ces hommes et ces femmes ne sont pas des personnalités politiques. Ils sont les héritiers directs de savoirs et de savoir-faire endogènes que nul livre ne peut remplacer: techniques de tissage ancestral, secrets de la forge traditionnelle, mémoires orales des royaumes, danses rituelles, médecines du terroir. Sans eux, ces savoirs meurent. Avec eux, ils vivent et se transmettent.
Le Président du Faso leur a adressé une exhortation personnelle :
« Je vous encourage à poursuivre avec engagement votre mission de préservation et de transmission des savoirs et savoir-faire. »
Leur décoration au rang de Chevalier de l’Ordre de l’Étalon n’est pas seulement une récompense. C’est une reconnaissance officielle de l’État burkinabè que certains savoirs valent autant que les exploits militaires ou politiques parce qu’ils font tenir une nation ensemble.
Des ambassadeurs du patrimoine et un programme sur tout le territoire

La cérémonie de Ouahigouya a également vu la désignation d’ambassadeurs du patrimoine culturel burkinabè, investis pour un mandat d’un an. Leur mission : promouvoir la richesse culturelle du Burkina Faso aux plans national et international auprès des jeunes, des communautés, des partenaires étrangers.
Le programme du Mois du patrimoine court du 17 avril au 18 mai 2026 et prévoit une série d’activités déployées sur l’ensemble du territoire national. Des ateliers de formation aux métiers du patrimoine seront organisés une façon de réconcilier transmission culturelle et employabilité des jeunes. Comme l’a souligné le ministre Ouédraogo : « la transmission passe aussi par l’employabilité des jeunes. »
Le 15 mai constituera le temps fort de l’édition avec la Journée des coutumes et traditions, un moment exceptionnel où, selon les propres mots du ministre, « la nation tout entière replongera en ses racines sans complexe et sans remords, parce que la modernité n’est pas incompatible avec l’héritage ancestral. »
La culture comme acte de résistance et d’affirmation

Lancer le Mois du patrimoine à Ouahigouya, décorer 21 Trésors humains vivants, nommer des ambassadeurs culturels et appeler à une mobilisation nationale — ces actes, pris ensemble, disent quelque chose d’essentiel sur ce que le Burkina Faso choisit de défendre.
Dans un pays traversé par des crises multiples, la culture n’est pas un luxe. Elle est une ligne de défense. Elle est ce qui permet à un peuple de se reconnaître, de se rassembler et de rester debout. C’est ce que le Président Traoré appelle la souveraineté culturelle et c’est ce que cette 4e édition du Mois du patrimoine entend construire, village par village, région par région, Trésor humain vivant après Trésor humain vivant.
Le 15 mai, la nation tout entière a rendez-vous avec ses racines. Soyez-y.
📌 Suivez notre couverture du Mois du patrimoine burkinabè 2026: activités, Trésors humains vivants et temps forts de la Journée des coutumes et traditions du 15 mai.

