Depuis 2018, l’association Lamôgôya Danma organise chaque année une marche itinérante d’au moins 250 kilomètres pour promouvoir le vivre-ensemble, la transmission des mécanismes traditionnels de cohésion sociale et la protection de l’environnement. Notre équipe l’a rencontrée lors d’une escale à Niangoloko.
Six marcheurs, plusieurs centaines de kilomètres et un message qui se transmet de localité en localité. Depuis 2018, l’association Lamôgôya Danma, basée à Orodara, mène une initiative qui associe sport, cohésion sociale et protection de l’environnement.
Cette année encore, ses membres ont pris la route pour un parcours d’au moins 250 kilomètres à travers quatre provinces et huit communes. C’est au cours de cette marche que notre équipe a rencontré les membres de l’association, alors en escale à Niangoloko, avant leur retour vers Orodara.

« Depuis 2018, nous avons entamé une marche pour la paix et l’environnement », explique Harouna Traoré, responsable de Lamôgôya Danma. La première édition avait relié Orodara à Manéga. Depuis, l’association renouvelle chaque année l’expérience avec de nouveaux circuits.
La marche comme espace de dialogue
Pour les membres de Lamôgôya Danma, parcourir les localités ne constitue pas une fin en soi. Chaque étape est l’occasion d’aller à la rencontre des populations et d’échanger autour du vivre-ensemble.
Contes, sketches, discussions et moments de partage sont organisés dans les communes traversées. L’association y aborde notamment le Djatiguiya, le Lamôgôya, le Sinangoya ainsi que le rôle des griots et des forgerons dans les mécanismes traditionnels de médiation, que Harouna Traoré regroupe sous le terme de Nyamakalaya.
L’objectif affiché est de remettre en discussion ces pratiques et de rappeler leur place dans les relations entre les communautés.
Quatre arbres pour transmettre un message

À chacune des étapes où elle est accueillie, l’association pose également un geste qui associe cohésion sociale et environnement.
Quatre arbres sont remis au chef de la localité hôte. Chacun symbolise une dimension de la démarche : le Djatiguiya, le Lamôgôya, le Sinangoya et les Nyamakalaya.
« Si ça a servi à nos ancêtres, on vous confie l’arbre. Prenez-en soin », explique Harouna Traoré.
Lors de leur passage à Niangoloko, les quatre plants ont ainsi été confiés au chef de terre de la localité.
Au-delà de sa dimension symbolique, ce geste permet à l’association d’intégrer une action environnementale concrète à son parcours. L’arbre devient ainsi un support de transmission et un rappel de la responsabilité collective envers l’environnement.
Une démarche portée par le volontariat

Lamôgôya Danma se définit à la fois comme une association sportive, une structure de promotion du vivre-ensemble et une organisation engagée dans la protection de l’environnement.
Harouna Traoré insiste sur le caractère volontaire de l’initiative. Selon lui, les marcheurs ne sont pas rémunérés et la démarche ne bénéficie pas d’un financement spécifique.
« Nous sommes une association de volontaires », souligne-t-il. À travers cette initiative, l’association entend contribuer à l’éveil des consciences et à l’épanouissement de la jeunesse burkinabè et africaine.
Depuis Orodara, les marcheurs poursuivent ainsi leur itinéraire, avec une démarche fondée sur la rencontre et la transmission. À chaque étape, le même principe : échanger avec les communautés, rappeler des mécanismes traditionnels de cohésion sociale et laisser derrière eux un geste concret en faveur de l’environnement.
GUIRIKO INFO

