Woulou Somda a décroché, jeudi 10 septembre 2026 à l’Université Joseph-Ki-Zerbo de Ouagadougou, le grade de Docteur en Chimie, spécialité Génie des procédés-Métallurgie, avec la mention Très honorable. Sa thèse, consacrée à la « Récupération de l’or des déchets d’équipements électriques et électroniques par adsorption sur des solides poreux de type Metal Organic Framework », a permis de développer un matériau composite capable de récupérer sélectivement 98,01 % de l’or contenu dans ces déchets, en seulement 30 minutes.
Une réponse à un défi environnemental et économique mondial
Les travaux de Woulou Somda partent d’un constat alarmant : en 2022, environ 62 millions de tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) ont été générées dans le monde, alors que seulement 22,3 % ont été recyclées.
Le reste est mis en décharge ou brûlé de manière incontrôlée, avec des conséquences néfastes pour la santé humaine et l’environnement. Pourtant, ces déchets contiennent des métaux précieux – argent, palladium, platine et surtout or – dont la teneur peut être jusqu’à dix fois supérieure à celle des mines traditionnelles. D’où leur appellation de « mines urbaines ».
Un matériau composite aux performances remarquables
Pour relever ce défi, le nouveau docteur a synthétisé le Fe-BTC, un matériau de type Metal Organic Framework à base de fer, avant de le fonctionnaliser avec du paraphénylènediamine pour obtenir le composite Fe-BTC/PpPDA. Les résultats sont impressionnants : une capacité maximale d’adsorption de 1 045,8 mg/g, un équilibre atteint en 30 minutes, et la possibilité de récupérer l’or à une pureté de 23,9 carats par un simple procédé de séparation magnétique, sans avoir recours aux étapes d’électrolyse et de raffinage. Le matériau peut également remplacer le charbon actif dans les mines industrielles utilisant le procédé CIL.
Des perspectives économiques pour l’industrie aurifère
L’utilisation de ce matériau ouvre des perspectives économiques majeures pour l’industrie aurifère, en supprimant les opérations unitaires d’électrolyse et de raffinage, et en abaissant le coût de production. Les travaux ont été sanctionnés par deux publications dans des revues scientifiques de classe mondiale, notamment dans la revue Royal Society Open Science.
Le jury a souligné que ces résultats sont très pertinents et devraient être rapidement implémentés au Burkina Faso, dans un contexte où les autorités ont fait le choix d’une industrialisation soutenue reposant sur la valorisation des compétences endogènes.
Source: AIB
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