Lamôgôya Taama : 312 kilomètres à pied pour éveiller les consciences et semer la paix

Depuis 2018, ils parcourent le Burkina Faso à pieds pour parler de paix, de cohésion sociale et d’environnement. Cette année, les marcheurs de l’association Lamôgôya taama, basée à Orodara, ont bouclé un périple de 312 kilomètres à travers quatre provinces et onze communes. Un pari fou, porté par la seule force de la volonté.

Quatre provinces, onze communes, une même cause
Les marcheurs de l’édition 2026 | Membres de l’association lamôgôya taama en escale à Niangoloko

Partis d’Orodara, ils ont sillonné le Kénédougou, la Léraba, la Comoé et le Houet. De Moussodougou à Niangoloko, en passant par Sindou, Banfora, Bérégadougou, Toussiana ou encore Kourinion, ils ont posé leurs sacs dans onze (11) localités. Partout, le même rituel. Des espaces d’échanges, des contes, des sketchs, des moments de partage autour du vivre-ensemble et de la protection de l’environnement.

« Nous avons entamé cette marche pour la paix et l’environnement. Chaque année, nous faisons un circuit minimum de 250 kilomètres pour parler du Djatiguiya, du Lamôgôya, du Sinangoya et de nos médiateurs locaux que sont les griots et les forgerons », explique Harouna Traoré, responsable de l’association.

Quatre arbres pour quatre valeurs
Harouna Traoré, responsable de l’association lamôgôya taama

À chaque étape, les marcheurs confient quatre (04) plants au chef de la localité hôte. Quatre arbres pour quatre valeurs. Le premier pour le Djatiguiya, qui désigne la localité, la personne ou la famille qui accueille et protège. Le deuxième pour le Lamôgôya, la parenté à plaisanterie. Le troisième pour le Sinangoya, l’alliance à plaisanterie. Le quatrième pour les griots et les forgerons, ces médiateurs traditionnels regroupés sous le terme de Nyamakalaya.

« Si ça a servi à nos ancêtres, on vous confie l’arbre. Prenez-en soin. Un jour, montrez que c’est le Djatiguiya, ce sont les gens qui sont venus demander le Djatiguiya », confie Harouna Traoré. Au total, 70 baobabs ont été plantés tout au long du parcours.

Rencontrer les autorités, écouter les populations
Membres de l’association lamôgôya taama saluant quelques autorités administratives et coutumières de la commune de Niangoloko

Le périple a également été l’occasion de rencontrer les autorités locales. Dix présidents de délégations spéciales, trois chefs de canton et douze chefs de village ont reçu les marcheurs. Vingt appels à la paix ont été lancés.

Des soirées de contes et des visites touristiques ont ponctué le parcours. « Nous avons des espaces d’échanges, de partage, de contes et de sketchs où nous parlons du vivre-ensemble et de l’environnement », précise le responsable de l’association.

Une association de volontaires, sans financement

Lamôgôya Danma se définit comme une association sportive, une structure de promotion du vivre-ensemble et une organisation engagée pour l’environnement. Mais Harouna Traoré tient à lever toute ambiguïté. « C’est une association de volontaires. Ça ne veut pas dire que c’est un projet. Nous n’avons pas de financement quelconque.

C’est notre volonté de contribuer à l’éveil des consciences et à l’épanouissement de la jeunesse du Burkina Faso et de l’Afrique. Nous ne sommes pas payés pour cette initiative », insiste-t-il.

Niangoloko, une étape parmi d’autres

Lors de leur passage à Niangoloko, les quatre plants ont été confiés au chef de terre de la localité. Un geste symbolique qui s’inscrit dans la continuité de leur démarche. De Niangoloko, les marcheurs ont repris la route en direction d’Orodara, leur point de départ.

Leur mission se poursuit, portée par une conviction simple. La paix et le vivre-ensemble se construisent aussi à pied, en allant à la rencontre des autres.

T.A.A.O

Laisser un commentaire

Les temps forts de la semaine

JEPPC : montée des couleurs au CEG de Bana, dans l’arrondissement 7 de Bobo-Dioulasso

Le CEG de Bana, dans l’arrondissement 7 de Bobo-Dioulasso,...

RN 10 : Un conducteur perd le contrôle de son véhicule et tue un enfant à Kadomba (Satiri)

Le drame s’est produit dans le village de Kadomba,...

Burkina : le cabinet SISAG International recrute pour 16 postes dans l’agroalimentaire

Le cabinet SISAG International recrute seize personnes pour le...

Agriculture : Patrice Ilboudo mise sur le piment pour vivre de sa passion

Agronome de formation, Patrice Ilboudo a choisi de mettre...

Thématiques

Articles similaires

Rubriques les plus consultées