Journée Mondiale du Journaliste Sportif : Hommage à Jonas Apollinaire Kaboré, un journaliste passionné au service du sport dans le Guiriko

Ce jeudi 2 juillet 2026, le monde célèbre la Journée mondiale du journaliste sportif, une occasion de rendre hommage à celles et ceux qui, micro ou stylo en main, racontent chaque victoire, chaque défaite et chaque émotion du sport. À Bobo-Dioulasso comme partout dans le Guiriko, ces professionnels de l’information sportive jouent un rôle essentiel : ils accompagnent les clubs, portent la voix des athlètes et rapprochent le public des grandes comme des petites compétitions locales.

À l’occasion de cette journée symbolique, Guiriko Info donne la parole à Jonas Apollinaire Kaboré, journaliste sportif au parcours de plus de deux décennies, témoin privilégié de l’évolution du sport bobolais et burkinabè.

Entre souvenirs marquants, défis du métier et regard sur l’avenir, il revient sur une carrière au service de l’information sportive.

Des débuts marqués par la passion

Jonas Apollinaire Kaboré, aujourd’hui journaliste à L’Observateur Paalga et à Radio Burkina, plonge dans ses souvenirs pour raconter des débuts précoces et passionnés.

Tout commence au milieu des années 90, alors qu’il est encore adolescent, bercé par les voix d’Issiaka Ouédraogo, Yannick Laurent Bayala et Joseph Dabiré, qu’il écoutait à la radio depuis l’école primaire. Fasciné par le métier, il n’hésite pas à se lancer très tôt, au point de délaisser l’université pour revenir s’investir à Bobo-Dioulasso.

C’est Yannick Laurent Bayala, aujourd’hui regretté, qui lui ouvre les portes du journalisme sportif et lui transmet les premiers rudiments du métier à Radio Bobo. Ses véritables débuts remontent à la CAN 1998, lorsqu’il suit de près les confrères venus de Ouagadougou pour couvrir l’événement à Bobo, des figures comme Victorien Marie Hien, Gabriel Barois ou Moustapha Dougouri.

Simple observateur au départ, il en profite pour prendre des notes et affiner son œil de journaliste. C’est véritablement entre 1997 et 1999 qu’il commence à donner de la voix, d’abord à leurs côtés, puis progressivement en solo sur les antennes de Radio Régionale Info.

Les difficultés rencontrées

Le journaliste livre son regard sur le constat fait sur le terrain, marqué par des incompréhensions entre les acteurs et responsables des clubs et les journalistes sportifs. Pour lui, ces difficultés tiennent en grande partie au manque de dialogue entre les responsables et formateurs du football et les journalistes, en quête permanente de la bonne information.

« Certains responsables de club n’arrivent pas à communiquer avec la presse. Ils doivent pouvoir se professionnaliser et se mettre en phase avec la presse sportive pour lui transmettre les informations, afin de permettre au public de recevoir des données crédibles. La Fédération Burkinabè de Football doit exiger de tout club qu’il ait une structure de communication chargée de mettre l’information à la disposition de la presse », a déclaré Jonas Apollinaire Kaboré.

Conseils aux jeunes qui démarrent dans le journalisme sportif

Homme de médias depuis plus de deux décennies, il trace des pistes pour les jeunes qui démarrent dans le journalisme sportif. Pour lui, la passion du métier et du sport doit précéder tout le reste.

« Le premier conseil que je peux donner à ces jeunes, c’est d’avoir la passion du football, la passion du métier. Si vous n’avez pas ces deux atouts, vous ne pourrez pas réussir dans le métier. Il faut aller à l’information, chercher des sources fiables, parce qu’un bon journaliste, c’est celui qui va chercher l’information vraie, crédible. »

Un regard sur le football bobolais et national

Jonas Apollinaire Kaboré donne son avis sur l’actualité sportive de Bobo-Dioulasso. Selon lui, le football bobolais se trouve à un tournant décisif.

« Le football bobolais est à la croisée des chemins. Il faut avoir de bons clubs, capables non seulement de former des talents, mais aussi de s’autofinancer. La Fédération Burkinabè de Football doit obliger chaque club à avoir des équipes de jeunes et des mécanismes efficaces pour leur permettre de survivre au fil du temps. »

Le journaliste élargit son constat au football national, qui connaît selon lui les mêmes difficultés, voire davantage, que les clubs locaux.

« Ce qui nous fatigue au niveau national, c’est qu’on n’a pas une bonne feuille de route. On n’a pas de programme clair qui montre que nous allons faire progresser une catégorie et la former sur plusieurs années. Chez nous, chaque année, ce sont de nouveaux effectifs, ce qui rend le travail difficile, car nous n’avons pas de base, pas d’équipe sur laquelle nous appuyer. »

Un appel à la structuration

Ce diagnostic met en lumière une exigence commune : celle d’une meilleure organisation, à tous les niveaux. Qu’il s’agisse de la communication des clubs, de la formation des jeunes journalistes ou de la planification sportive nationale, le fil conducteur reste le même : sans structure, sans continuité et sans vision à long terme, le football burkinabè peinera à franchir un cap. Un message clair adressé autant aux dirigeants de clubs qu’aux instances fédérales, à l’heure où le Guiriko continue de produire des talents que le système peine encore à accompagner durablement.

Moussa Son TRAORÉ

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