Au sud de Bobo-Dioulasso, au croisement des avenues de l’alliance des États du Sahel (AES) et de Sya, se dresse un monument qui ne laisse personne indifférent. Le rond-point du Cinquantenaire, que les Bobolais appellent familièrement le « rond-point des quatre chevaux », est bien plus qu’un simple carrefour. Il incarne une mémoire collective, un symbole de résilience et un point de repère dans la géographie affective de la capitale économique.
Érigé en 2010 à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso, fêté à Bobo-Dioulasso, ce monument a marqué les esprits par sa sculpture de quatre chevaux cabrés. Une œuvre qui symbolise la fougue et le dynamisme d’un pays qui venait de célébrer un demi-siècle d’existence. Pour les habitants de Bobo-Dioulasso, il est devenu un repère géographique incontournable, un lieu de rendez-vous et un point de passage obligé pour qui traverse la ville du nord au sud.
Un symbole de fougue et de liberté
La sculpture des quatre chevaux, qui a valu au rond-point son surnom, représente la puissance et l’élan vers l’avenir. Les chevaux cabrés évoquent la liberté et la détermination d’un peuple à conquérir son destin. Dans la ville de Bobo-Dioulasso, le cheval occupe une place particulière dans l’imaginaire collectif. Les quatre chevaux du rond-point incarnent ainsi un ancrage dans les réalités locales et une fierté identitaire.
Un rond-point rebaptisé « Rond-point de la jeunesse burkinabè »
Au-delà de son nom officiel, le rond-point du Cinquantenaire a été rebaptisé « Rond-point de la jeunesse burkinabè » le 12 décembre 2015 en hommage au rôle déterminant joué par les jeunes lors de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Ce baptême, intervenu en 2015, a marqué une génération et a fait de ce lieu un symbole de la mobilisation citoyenne. Aujourd’hui encore, ce nom résonne comme un rappel de la capacité de la jeunesse à peser sur le destin du pays.
Un carrefour entre mémoire et modernité
Au fil des ans, le rond-point du Cinquantenaire est devenu un véritable carrefour de l’histoire de Bobo-Dioulasso. Les artères qui convergent vers ce monument ont été rebaptisées à l’occasion de la semaine nationale de la culture (SNC) 2026 et en marge du centenaire de la commune de Bobo-Dioulasso, pour affirmer une nouvelle identité urbaine.
L’avenue Châlons-en-Champagne, qui relie la place de la Femme au rond-point du Cinquantenaire, est désormais l’avenue de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’avenue du Gouverneur Louveau, qui part du rond-point en direction de la place de la Nation, est devenue l’avenue de Sya, en référence au nom historique de la ville. Le monument est donc devenu un point de jonction entre l’histoire coloniale et les nouvelles identités sahéliennes.
Un lieu de vie et de transmission
Aujourd’hui, le rond-point de la jeunesse burkinabé, avec ses quatre chevaux cabrés, continue de veiller sur la ville. Il est le témoin silencieux des transformations de Sya, un lieu où se croisent l’histoire, la culture et le quotidien des populations. Pour les générations futures, il restera sans doute un symbole de la résilience et de la fierté d’un peuple qui, comme les chevaux de sa sculpture, refuse de baisser la tête.
T.A.A.O

