5 août 1960 : Maurice Yaméogo proclame l’indépendance de la Haute-Volta (actuel Burkina Faso)

« Aujourd’hui, 5 août 1960, à zéro heure, au nom du droit naturel de l’homme à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, je proclame solennellement l’indépendance de la République de Haute-Volta. » Ces mots, prononcés par le Président Maurice Yaméogo à la radiodiffusion nationale au soir du 5 août 1960, résonnent encore aujourd’hui comme l’acte de naissance d’une Nation. Il y a 66 ans, le Burkina Faso entrait dans l’histoire en brisant les chaînes de la colonisation.

Ce discours, sobre et solennel, marquait l’aboutissement d’un long combat. La Haute-Volta, qui avait été un territoire de la fédération de l’Afrique-Occidentale française (AOF), accédait à la pleine souveraineté quelques mois avant la proclamation de la République en décembre 1960. Un moment de fierté pour un peuple qui, après neuf siècles d’histoire, prenait enfin son destin en main.

La valeur morale au cœur de la Nation naissante

En évoquant les « neuf siècles d’histoire » de l’homme voltaïque, Maurice Yaméogo rappelait que l’indépendance n’était pas une naissance ex nihilo. Elle était l’aboutissement d’une longue tradition de civilisation, de valeurs et de résistance. « Neuf siècles d’histoire ont révélé au monde la valeur morale de l’homme voltaïque », déclarait-il, rendant hommage à la profondeur historique du peuple qui accédait à la souveraineté.

Cette référence à la morale, fil conducteur de son discours, traduisait la volonté des premiers dirigeants de fonder le nouvel État sur des principes éthiques solides. « Au nom de cette morale à partir de laquelle nous voulons bâtir notre Nation, j’exprime ma profonde reconnaissance à tous les artisans de notre indépendance nationale. »

Un héritage toujours vivant 66 ans plus tard

Chaque 5 août, le Burkina Faso célèbre cette date fondatrice. L’indépendance proclamée par Maurice Yaméogo a ouvert la voie à une longue marche, faite de conquêtes et de défis, de révolutions et de transformations. La « valeur morale de l’homme voltaïque » évoquée par le premier président reste, pour beaucoup, un héritage précieux qui guide encore aujourd’hui les choix du pays.

Aujourd’hui, sous la conduite du Capitaine Ibrahim Traoré, le Burkina Faso poursuit la quête de souveraineté entamée en 1960. L’indépendance politique acquise, le combat continue pour une indépendance économique, une souveraineté alimentaire et une maîtrise des ressources naturelles. La Révolution Progressiste Populaire, dans la continuité de l’esprit du 5 août, rappelle que la liberté conquise doit être défendue et consolidée chaque jour.

T.A.A.O

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