
Le Conseil des ministres du jeudi 9 juillet 2026, présidé par le Capitaine Ibrahim Traoré, a marqué un tournant historique dans le secteur minier burkinabè. Par l’octroi d’un permis d’exploitation industrielle à la Société SOPAMIB Bouboulou S.A., une entreprise entièrement détenue par l’État, le gouvernement affirme sa souveraineté sur les ressources du sous-sol national.
Située dans la commune de Yako, région du Yaadga, cette mine incarne une rupture avec le modèle de concession passive qui prévalait jusqu’ici.
Avec des réserves estimées à plus de 10,7 millions de tonnes de minerais pour une production totale attendue de 7,27 tonnes d’or, le projet Bouboulou S.A. s’inscrit dans une stratégie de reconquête des richesses minières du pays. « C’est une révolution qui est en marche dans le secteur minier, c’est la rupture avec un modèle de concession passive pour que l’État lui-même puisse devenir un acteur industriel à part entière », avait déclaré le ministre en charge des Mines, Yacouba Zabré Gouba, lors de la session du Conseil.
Une contribution majeure au budget de l’État
Le projet représente un investissement de plus de 32 milliards de francs CFA et générera des recettes directes considérables pour l’État. La contribution directe du projet est estimée à 34,5 milliards de francs CFA pour le budget national, tandis que 4,4 milliards seront reversés au Fonds minier de développement. Une enveloppe de 965 millions est également prévue pour la réhabilitation et la fermeture de la mine, assurant ainsi une gestion responsable de l’infrastructure sur le long terme.
Au total, ce sont plus de 39 milliards de francs CFA de recettes directes qui viendront alimenter les caisses de l’État, hors dividendes. Des ressources qui contribueront au financement des politiques publiques et au renforcement de la souveraineté économique du pays.
Des emplois pour la région du Yaadga
L’exploitation de la mine Bouboulou S.A., qui s’étalera sur une durée de vie de 15 ans, permettra la création de 1 272 emplois directs et indirects. Une aubaine pour la région du Yaadga, où le chômage des jeunes reste un défi majeur. Ces emplois, dans un secteur à forte valeur ajoutée, contribueront à dynamiser l’économie locale et à offrir des perspectives d’avenir à des centaines de familles.
L’État, acteur industriel à part entière
En se dotant de sa propre mine industrielle, le Burkina Faso affirme sa souveraineté dans un secteur jusqu’ici dominé par les compagnies étrangères. Cette décision, qui s’inscrit dans la dynamique de la Révolution Progressiste Populaire, marque la volonté du gouvernement de faire des ressources minières un levier de développement durable, au profit des populations burkinabè.
Ce projet, qualifié de « révolutionnaire » par les autorités, pourrait servir de modèle pour d’autres initiatives similaires dans le secteur minier, alors que le gouvernement entend affirmer son contrôle sur les ressources stratégiques du pays.
T.A.A.O | GUIRIKO INFO

