Le Ministre d’État Ismaël Sombié l’a rappelé lors de la mise en eau des périmètres irrigués de la Léraba, le 15 juin 2026 : « La maîtrise de l’eau à elle seule ne suffit pas ».
Une déclaration qui, au-delà du discours protocolaire, pointe l’un des véritables défis de la politique agricole burkinabè : la capacité des producteurs à respecter les itinéraires techniques pour transformer l’irrigation en production durable.
L’offensive agropastorale a permis des avancées considérables : 11 774 hectares de périmètres irrigués réalisés ou réhabilités entre 2023 et 2026, contre un peu plus de 16 000 hectares, dont plus de la moitié inexploitables, avant la dynamique actuelle.
Mais cette performance d’aménagement ne suffira pas si elle n’est pas accompagnée d’un changement de pratiques sur le terrain.
Le ministre a énuméré les conditions de la réussite : respect des calendriers culturaux, doses d’intrants recommandées, bonnes pratiques agricoles, suivi des conseils des services techniques. Autant de règles qui, si elles sont ignorées, réduisent à néant l’investissement public.
Car l’enjeu est de taille. L’objectif de trois productions par an sur les périmètres irrigués suppose une discipline que tous les producteurs n’ont pas encore intégrée. Le retour d’expérience des aménagements antérieurs, dont une partie s’est dégradée faute d’entretien, incite à la prudence.
La souveraineté alimentaire ne se décrète pas. Elle se construit dans les champs, à chaque cycle cultural, par le respect des gestes techniques qui transforment l’eau en récolte. Le message du ministre aux producteurs de la Léraba vaut pour l’ensemble du pays : les infrastructures sont là. Reste à les faire vivre.
Tegawendé A.A.O | GUIRIKO INFO

