« Une cité forte est une cité qui protège, une cité juste est une cité qui inclut. » La formule est du Président de la Délégation spéciale communale de Bobo-Dioulasso, Laurent K. Kontogom, présent au lancement des Journées Albiyeelen, ce jeudi 11 juin 2026 à l’Hôtel de ville. Une déclaration qui résume l’ambition de la commune : faire de l’inclusion une réalité, et non un simple slogan.
L’Association KEYOIKLAI a initié ces journées, organisées du 11 au 14 juin, en écho à la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme célébrée chaque 13 juin. Le thème mondial retenu cette année – « Fier d’être moi-même : célébrer toutes les carnations » – résonne particulièrement au Burkina Faso, où les personnes vivant avec l’albinisme sont encore trop souvent confrontées à la stigmatisation, aux préjugés et à des difficultés d’accès aux soins de base.
« Les personnes vivant avec l’albinisme participent pleinement à la vie sociale et au développement de la cité », a rappelé le PDS, saluant l’initiative. Une reconnaissance officielle qui, pourtant, ne suffit pas à effacer les discriminations du quotidien. Selon la présidente de l’Association KEYOIKLAI, Bienvenue Ouattara, le manque d’information demeure l’un des principaux obstacles à une véritable inclusion.
Le lancement a été marqué par des prestations artistiques (slam, défilé) et un panel réunissant un dermatologue (pour évoquer la protection de la peau), un juriste (pour rappeler les droits et la protection légale), un coach (sur l’affirmation de soi) et une personne concernée venue partager son vécu. Une approche multidimensionnelle qui montre que l’albinisme ne se réduit pas à une question médicale : c’est un enjeu social, juridique et humain.
À Bobo-Dioulasso, les Journées Albiyeelen se tiennent sous le thème : « Mes droits, ma peau, mes yeux : pour voir, incarner et préserver mon leadership personnel ». Derrière ces mots, une ambition claire : faire des personnes vivant avec l’albinisme des acteurs à part entière de leur propre destin, et non des assistés.
Jusqu’au 14 juin, des actions de sensibilisation et de plaidoyer se poursuivront. Reste à savoir si ces paroles seront suivies d’actes concrets, au-delà des cérémonies. Car comme l’a rappelé le représentant du gouverneur, Souleymane Nakanabo, l’albinisme n’est pas une fatalité et ne limite en rien les capacités des personnes concernées. Encore faut-il que la société tout entière s’en convainque.
La rédaction

