Après la visite du ministère de la Famille et de la Solidarité au Centre hospitalier universitaire Souro Sanou (CHUSS) de Bobo-Dioulasso, la rédaction de Guiriko Info est allée à la rencontre de Wendlassida Honorine Yaméogo, l’une des bénéficiaires de l’accompagnement apporté par le Fonds d’Assistance Sociale et de Solidarité Nationale (FASSN). Amputée d’une jambe à la suite d’une grave infection et confrontée à de nombreuses difficultés sociales, la jeune mère a accepté de revenir sur son parcours marqué par les épreuves, mais aussi par l’espoir de jours meilleurs.
Ancienne élève ayant interrompu ses études en classe de Terminale, Honorine vit seule avec son grand frère, lui aussi en situation de handicap. Installés dans la cour familiale au secteur 28, quartier Sabaribougou, un quartier hors loti de Bobo-Dioulasso, les deux orphelins ont dû faire face à de nombreuses difficultés, notamment des conflits familiaux autour de l’héritage de la maison familiale après le décès de leur mère en 2016, puis de leur père en 2019.

À ces épreuves s’est ajoutée la maladie. Ce qui semblait être un simple furoncle s’est progressivement aggravé. Malgré plusieurs soins, l’infection a continué à évoluer alors qu’elle était enceinte. Abandonnée par le père de son enfant, confrontée à la douleur et à l’isolement, elle a poursuivi sa grossesse dans des conditions particulièrement difficiles. Son état de santé s’est finalement détérioré au point de nécessiter l’amputation de sa jambe.« Je ne savais même pas si j’allais survivre. J’ai beaucoup souffert, mais aujourd’hui je suis toujours là. Je crois qu’il y a toujours un miracle », confie-t-elle.

Face à l’absence de moyens financiers, Honorine avait lancé un appel à l’aide sur les réseaux sociaux. Son message a été relayé jusqu’aux services sociaux du gouvernement qui ont assuré sa prise en charge médicale à travers le Fonds d’Assistance Sociale et de Solidarité Nationale (FASSN Seeminin). Les soins, les médicaments ainsi que l’accompagnement de son enfant ont été également pris en charge.
« Cette aide m’a permis de retrouver la santé. On continue de nous assister et de prendre des nouvelles de notre situation », témoigne-t-elle avec reconnaissance.
Aujourd’hui, une nouvelle inquiétude s’ajoute toutefois à son combat. Après plusieurs examens médicaux, des analyses ont révélé des signes nécessitant des investigations complémentaires pour déterminer la nature exacte d’une éventuelle pathologie cancéreuse. Honorine espère pouvoir bénéficier rapidement des examens nécessaires afin d’être fixée sur son état de santé.
Malgré les difficultés, la jeune femme refuse de céder au découragement. Sa principale source de motivation reste sa fille, âgée d’un an.« Elle est ma joie de vivre. Je suis prête à tout pour elle. Je veux la voir grandir, aller à l’école et avoir un avenir meilleur », affirme-t-elle. Honorine nourrit le rêve de voir son enfant grandir dans de bonnes conditions et poursuivre une scolarité normale. Ne disposant pas encore de ressources suffisantes pour assurer seule cette charge, elle lance un appel aux personnes de bonne volonté afin de l’accompagner dans l’éducation et la future scolarisation de sa fille.
Déterminée à retrouver son autonomie, Honorine nourrit également le projet d’ouvrir un salon de coiffure et de développer une activité de vente de mèches et d’accessoires.
Elle espère obtenir un accompagnement lui permettant de lancer son activité et de subvenir elle-même aux besoins de sa famille.
Son grand frère, qui souffre également de problèmes de santé, tente de survivre grâce à une petite activité de cordonnerie. Tous deux lancent un appel aux bonnes volontés pour les soutenir dans leurs projets et leurs soins.
Entre maladie, abandon, précarité et incertitudes, Honorine Yaméogo continue pourtant d’afficher une foi inébranlable. « Je garde espoir. Avec Dieu, je sais que tout est possible », répète-t-elle. Une conviction qui lui permet, malgré les épreuves, de regarder l’avenir avec courage et détermination.

