Depuis plusieurs jours, les étals de poisson de Banfora peinent à se ravitailler. Le maquereau et le chinchard, deux espèces très prisées par les consommateurs en raison de leur coût relativement abordable, se font de plus en plus rares. Une situation qui suscite l’inquiétude aussi bien chez les commerçants que chez les clients, à quelques jours de la fête de la Tabaski.
Installée au marché central de Banfora, Salimata Traoré, demi-grossiste de poisson, ne cache pas sa préoccupation. « Depuis plusieurs jours, les poissons, notamment le maquereau et le chinchard, sont introuvables”, a-t-elle confié. Une situation qui selon elle crée souvent une incompréhension de la part des clients à l’approche de la fête de la Tabaski. “Les clients se plaignent tout le temps . Ils croient que le problème vient de nous. Pourtant ce n’est pas de notre faute », a-t-elle renchérit.
Chez Salif Drabo, demi grossiste également, le constat est le même. Selon lui, cette pénurie a aussi un impact direct sur leur revenu. « Nous ne savons plus quoi faire. Généralement, c’est le maquereau et le chinchard qui se vendent le plus parce qu’ils sont moins chers que les carpes. Maintenant que ces poissons manquent, les clients préfèrent ne rien acheter, ce qui joue énormément sur nos revenus », explique-t-il.
Du côté des consommateurs, l’inquiétude grandit également. Nassiratou Ouédraogo, une cliente rencontrée sur les lieux, redoute les conséquences de cette situation à l’approche des festivités. « Nous achetons généralement ces poissons pendant les fêtes. Vraiment, cette Tabaski risque d’être difficile pour nous. Si les autorités peuvent trouver une solution, cela nous ferait plaisir », lance-t-elle.
Selon certains vendeurs rencontrés sur place, cette pénurie serait liée à l’importation. Ils expliquent par exemple, qu’une grande partie du poisson commercialisé au Burkina Faso proviendrait du Maroc et transite par le Mali avant d’être acheminée vers les différents marchés du pays. Alors que des perturbations, selon eux, seraient observées sur cet axe. Ce qui expliquerait, disent-ils , la rareté actuelle du maquereau et du chinchard.
En attendant un retour à la normale, vendeurs et consommateurs espèrent une amélioration rapide de la situation afin d’éviter une flambée des prix et des difficultés d’approvisionnement durant la période de la Tabaski.

