Suspension des importations de riz : le Burkina Faso parie sur la production locale

Le gouvernement burkinabè a suspendu l’importation du riz sur l’ensemble du territoire national jusqu’à nouvel ordre. Une décision interministérielle qui vise à favoriser l’écoulement de la production nationale, dans un contexte de renforcement de la souveraineté alimentaire.

La mesure, signée par les ministères de l’Industrie et du Commerce, de l’Agriculture, et de l’Économie et des Finances, suspend immédiatement la délivrance des Autorisations Spéciales d’Importation (ASI) du riz. Les importateurs qui détiennent des ASI encore valides disposent d’un délai de deux mois pour accomplir leurs formalités.

Un choix stratégique aux accents patriotiques

Cette décision s’inscrit dans une logique de valorisation des produits locaux, encouragée par les autorités dans le cadre de l’offensive agropastorale. En fermant temporairement la porte aux importations, le gouvernement entend donner un débouché assuré aux riziculteurs burkinabè, dont la production a connu des progrès significatifs ces dernières années.

Le communiqué interpelle explicitement le « patriotisme économique » des opérateurs, un registre récurrent de la communication gouvernementale sous la Transition. L’enjeu est double : réduire la dépendance alimentaire du pays tout en stimulant le secteur agricole national, créateur d’emplois et de richesse locale.

Des risques à anticiper

Reste à savoir si la production nationale, en quantité et en qualité, sera en mesure de couvrir l’intégralité des besoins du marché. Une pénurie temporaire ou une hausse des prix ne sont pas à exclure, ce qui pourrait peser sur le pouvoir d’achat des ménages déjà éprouvés.

Le gouvernement a prévu des mesures de contrôle renforcées aux frontières et des numéros verts pour signaler les contrevenants. La suspension est valable « jusqu’à nouvel ordre », une formule qui laisse ouverte la possibilité d’un réajustement selon l’évolution de la situation.

Un pari sur la souveraineté alimentaire

En misant sur le riz local, le Burkina Faso réaffirme sa volonté de réduire sa dépendance aux marchés extérieurs. Le pari est risqué, mais assumé. La réussite de cette mesure dépendra de la capacité des filières nationales à répondre à la demande, et de l’adhésion des opérateurs économiques à cet appel au patriotisme.

GUIRIKO INFO | La rédaction ✍🏾

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