
Comment mener des opérations militaires efficaces contre le terrorisme sans franchir les lignes du droit international humanitaire ? C’est la question au cœur d’une formation inédite tenue du 7 au 10 avril 2026 à Tenkodogo, dans la région du Nakambé. Pendant quatre jours, des cadres des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) ont été formés sur la prise en compte des droits humains dans la lutte contre l’insécurité. Un signal fort : au Burkina Faso, l’efficacité opérationnelle et le respect des droits ne sont pas des objectifs contradictoires, ils sont complémentaires.
Pourquoi former des combattants aux droits humains ?

La question peut surprendre. Les VDP sont engagés dans des opérations de sécurité dans des zones parmi les plus volatiles du pays. Pourtant, c’est précisément dans ce contexte de haute intensité que le respect des droits humains devient une exigence stratégique, pas seulement morale.
Des interventions respectueuses des populations civiles renforcent la confiance des communautés envers les forces de défense. Elles réduisent les risques de représailles et de radicalisation. Elles préservent la légitimité de l’action sécuritaire aux yeux des populations, et des partenaires internationaux.
Former les VDP aux droits humains, c’est les rendre meilleurs combattants et meilleurs citoyens à la fois.
Une formation pensée pour démultiplier son impact sur le terrain

La session de Tenkodogo ne s’adressait pas aux VDP de base, mais à leurs cadres. Une stratégie délibérée.
L’objectif est de former des formateurs, capables de restituer les acquis auprès des VDP déployés sur le terrain dans la région du Nakambé. Chaque cadre formé devient un relais de sensibilisation au sein de son unité.
Cette approche en cascade permet de démultiplier l’impact de la formation sans mobiliser l’ensemble des effectifs, un choix pragmatique, adapté aux contraintes opérationnelles du contexte sécuritaire burkinabè.
Une cérémonie d’ouverture à trois voix institutionnelles
La cérémonie d’ouverture a réuni trois acteurs complémentaires, dont la présence dit beaucoup de la nature transversale de cette initiative :
- Marcel ZONGO, Directeur général des droits humains, représentant l’ancrage institutionnel de l’État
- Le Lieutenant-Colonel Mahamady SAWADOGO, commandant de la Brigade des VDP (BVDP), voix de l’autorité militaire
- Musubao Kivasuvwamo, chef de la sous-délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Fada N’Gourma, garant de l’expertise en droit international humanitaire
La présence du CICR n’est pas anodine. Organisation humanitaire neutre et impartiale, reconnue mondialement pour son expertise dans les zones de conflit, le CICR apporte à cette formation une crédibilité technique et internationale que peu d’autres partenaires peuvent offrir.
Le message du commandant de la BVDP : s’approprier pour mieux transmettre
Dans son intervention, le Lieutenant-Colonel SAWADOGO a été direct avec les cadres VDP réunis devant lui. Sa priorité : l’appropriation réelle des contenus, pas la simple présence à la formation.
Il les a invités à intégrer pleinement les enseignements reçus pour sensibiliser efficacement les VDP sur le terrain, ceux qui sont en première ligne, dans des situations parfois extrêmes, où la tentation de sortir des règles peut être grande.
Il a également rendu hommage au CICR et au ministère de la Justice, qu’il a qualifiés de partenaires stratégiques dans la construction d’une force VDP plus professionnelle et plus responsable.
Une séance de sensibilisation directe pour les VDP du GOR

En parallèle des sessions de formation des cadres, une séance spéciale de sensibilisation a été organisée au profit des VDP du Groupement Opérationnel Régional (GOR).
L’objectif : renforcer directement leur compréhension des principes fondamentaux des droits humains et promouvoir des comportements responsables dans la conduite des opérations sur le terrain.
Un double dispositif, formation des cadres et sensibilisation directe des combattants, qui maximise la portée de cette initiative sur l’ensemble du maillage VDP dans la région du Nakambé.
Des VDP mieux formés pour un Burkina plus sûr et plus juste
La session de Tenkodogo envoie un message clair : la lutte contre le terrorisme et le respect des droits humains ne s’opposent pas. Ils se renforcent mutuellement.
Des VDP formés aux droits humains, c’est une force auxiliaire plus professionnelle, plus crédible, mieux acceptée par les populations. C’est aussi une réponse à ceux qui doutent de la capacité du Burkina Faso à mener une guerre juste contre l’insécurité.
La sécurité durable passe par la confiance des populations. Et la confiance se construit dans le respect.
📌 Suivez notre couverture des initiatives de renforcement des capacités des forces de sécurité et de défense au Burkina Faso.

