La Direction générale des douanes (DGD) a publié son bulletin statistique du deuxième trimestre 2026, qui dresse un tableau contrasté de l’économie burkinabè. Porté par une flambée des exportations d’or, le pays affiche un excédent commercial historique de 2 339,8 milliards de francs CFA, avec un taux de couverture des importations de 204,7 %.
Une performance douanière record
Les recettes douanières ont atteint 375,6 milliards de FCFA au 2ᵉ trimestre, en hausse de 24,4 % par rapport à la même période en 2025. Le cumul à fin juin 2026 s’établit à 708,3 milliards de FCFA, soit une progression de 130 milliards par rapport à fin juin 2025. La DGD a dépassé ses objectifs trimestriels de 29,8 milliards, avec un taux de réalisation de 108,6 %.
Le Fonds de soutien patriotique (FSP), collecté au cordon douanier, s’élève à 6,4 milliards de FCFA, en hausse de 34,8 % sur un an.
Les exportations dopées par l’or
Les exportations ont bondi de 49 % en glissement annuel, atteignant 2 339,8 milliards de FCFA. L’or demeure le produit phare du pays, avec une valeur record de 2 182,6 milliards de FCFA, représentant 93,3 % de la valeur totale des exportations. Les Émirats arabes unis restent le premier client du Burkina Faso, concentrant 49,5 % des exportations.
Les importations s’élèvent à 1 143 milliards de FCFA, en hausse de 7,9 %. Les hydrocarbures représentent 29 % des importations, pour une valeur de 332 milliards de FCFA. La Chine demeure le premier fournisseur du pays, avec 23,7 % des parts de marché.
Lutte contre la fraude : une intensification des saisies
La lutte contre la fraude a été marquée par une forte progression des saisies : +102,6 % en nombre et +112,9 % en valeur par rapport au 2ᵉ trimestre 2025. La valeur totale des saisies s’élève à 3,8 milliards de FCFA, portée notamment par les saisies de cyanure et de pesticides.
Les infractions d’importation sans déclaration représentent 90,2 % des amendes enregistrées, avec 143 dossiers contentieux pour une valeur de 379 millions FCFA.
Baisse des avantages fiscaux et des recettes minières
Les dépenses fiscales ont reculé de 26,1 % en glissement annuel, principalement en raison de la baisse des avantages fiscaux accordés au titre du Code minier (-68,9 %). Les recettes minières ont quant à elles baissé de 1,6 % sur un an, mais ont progressé de 5,3 milliards de FCFA par rapport au trimestre précédent (+25,2 %).
Ces chiffres impressionnants révèlent une économie encore très dépendante des exportations d’or, exposée aux fluctuations des cours mondiaux. Par ailleurs, la baisse des recettes minières, malgré la hausse des prix de l’or, interroge sur la capacité du pays à capter la valeur ajoutée de ses ressources. La DGD appelle à une vigilance accrue pour soutenir la mobilisation des recettes et lutter contre les circuits illicites.
Source: Direction générale des Douanes
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