Burkina Faso : Et si le Chef de l’État avait paraphrasé Corneille ?

Pierre Corneille, auteur de cette pensée, fait dire à Rodrigue, un personnage dans Le Cid : «Je suis jeune, il est vrai; mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années».

Lors d’une récente déclaration, le chef de l’État burkinabè a mis en avant un message fort pour l’insertion professionnelle des jeunes : « Croyons en nous, il faut aussi qu’à une certaine sphère, nous puissions donner l’occasion aux jeunes de s’exprimer. » Pour lui, les jeunes doivent pouvoir accéder aux responsabilités dès qu’ils en ont la capacité et la volonté.

Il a dénoncé une pratique profondément ancrée en Afrique : « Nous avons une très mauvaise habitude en Afrique. Quand vous voulez donner du travail à un jeune, vous lui réclamez de l’expérience. Vous n’avez pas confiance aux jeunes. Mais où vont-t-ils acquérir cette expérience si vous ne leur donnez pas l’occasion, si vous ne leur offrez pas la chance de travailler ? » Selon lui, nous ne pouvons pas demander à un jeune d’avoir de l’expérience s’il n’a jamais eu la chance de l’acquérir.

Le chef de l’État est allé plus loin en prenant un exemple concret et frappant : « Certains ministres n’avaient aucune expérience de ministre avant que je ne les nomme ministre. » En citant cet exemple, il rompt avec l’idée reçue selon laquelle seuls les parcours strictement linéaires permettent de réussir.

En rappelant cette réalité, le chef de l’État invite les institutions et les employeurs à rompre avec des pratiques anciennes, à donner aux jeunes la possibilité de se former sur le terrain et à démontrer leurs compétences. C’est un appel clair, qu’il faut valoriser le potentiel et la motivation plutôt que se limiter à un simple critère d’expérience.

Il faut egalement responsabiliser et accompagner la jeunesse dans les différents secteurs professionnels. Il renchérit en ces termes : « C’est à nous de mettre tout en œuvre pour que les jeunes soient droits et fassent ce qu’ils doivent faire. Arrêtons avec ça. Ayons confiance aux jeunes, donnons-leur la chance de s’exprimer. »

Appel est donc lancé aux institutions publiques et aux entreprises privées de changer de paradigme car  » l’habitude à l’habitude crée une léthargie « . Ne dit-on pas que  » la science évolue par correction d’erreur » ?

Henriette OUATTARA

Laisser un commentaire

Les temps forts de la semaine

Ligue de la souveraineté : la gouverneure du Guiriko appelle à la mobilisation

La gouverneure de la région du Guiriko, Mariama Konaté,...

« Faso Wa-Fulu » : 2 800 milliards FCFA pour généraliser l’accès à l’électricité

Le gouvernement a adopté, jeudi 22 octobre 2026 en...

Bobo-Dioulasso : au lycée Léguéma, la CNAVC Houet sensibilise les élèves au civisme et au patriotisme

La section Houet de la Coordination nationale des associations...

Ligue de la Souveraineté : le Guiriko dévoile les règles du jeu pour bâtir ses deux équipes

 La région du Guiriko lance les préparatifs de la...

6ᵉ Conférence annuelle des Commissaires de Police : le Gouvernement mise sur l’adaptabilité et le leadership

Le Ministre d’État, Ministre de l’Administration territoriale et de...

Thématiques

Articles similaires

Rubriques les plus consultées